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Une série de questions pour vous donner des conseils, partager nos connaissances et s’inspirer.

Cette semaine, découvrez l’épisode #12 de notre série dans laquelle 19 designers répondent à une question liée au Design, et ce pendant 15 semaines.

Si vous avez manqué l’article #11 sur les meilleurs produits selon nos Product Designers et pourquoi ?, 👉C’est par ici

Parlons maintenant de l’avenir de nos métiers, des enjeux et défis auxquels nous devrons répondre 🎨 Bonne lecture !

Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ? Comment envisagez-vous votre carrière de designer dans 5 ans ? À Quels enjeux et défis la communauté design devra-t-elle répondre ?


Nicolas Simon – Product designer@ Yousign

Notre discipline évolue car de nombreuses autres professions s’emparent de la philosophie et des méthodes comme je l’ai dit plus tôt. Nous devons diversifier notre champ d’action pour continuer à apporter de la valeur là où c’est nécessaire.

Cela explique probablement pourquoi le métier se spécialise énormément. Je ne suis pas un fervent défenseur des différentes appellations : de l’UX à l’UI en passant par le service Design, et bien d’autres, mais je comprend leur aspect “pratique”. Ne nous enfermons pas dans ces cases, portons néanmoins nos spécialités, nos préférences. Je suis convaincu que les équipes Design pluridisciplinaires (faites de profils tantôt à tendance chercheurs, tantôt interface, stratégie, etc) sont la clé des organisations efficaces/innovantes.

On constate un modèle intégré aux entreprises de plus en plus présent et un modèle agence qui s’essouffle car davantage d’entreprises souhaitent capitaliser sur le long terme. Il y a eu une émergence du consulting justement pour répondre aux besoins des entreprises qui ne maîtrisent pas ces métiers et préfèrent capitaliser sur des partenaires qui vont dénicher des talents pour eux.  

Je ne suis pas inquiet, je prédis donc que de nouvelles spécialités vont continuer d’émerger (Design Conversationnel, AR et bien d’autres). Je suis enthousiaste quand à la richesse et la diversité grandissante des équipes Design dans les entreprises. Et j’aimerai à l’avenir orchestrer de telles équipes.

Pour moi l’enjeu majeur du Design est de ne pas se perdre dans une forme de “compétition” entre spécialités qui dessert globalement notre cause et affaiblit notre discours. Nous devrons être forts dans les années à venir ; même si le Design ne peut être réservé qu’aux Designers, les Designers sont une source d’innovation intarissable de par leur empathie, leur curiosité et leur vision du monde dans tous les domaines où il s’applique.

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Solène Saguez – Head of UX @ Bouygues Telecom

J’imagine qu’avec une maturité de plus en plus forte des entreprises envers le Design et une infusion dans tous les pores des organisations, notre rôle sera presque une forme de Scrum Master du Design afin de toujours mieux déployer et accompagner nos méthodes (au delà des produits, dans nos services RH, pour le bien être des collaborateurs, etc). 

Ensuite sur le Produit, avec des Design System de plus en plus performants, la frontière entre la conception et le produit deviendra tellement fine que l’enjeu de recherche utilisateur et de suivi de performance du produit prendra le pas sur le reste dans nos tâches quotidiennes

Enfin avec les problématiques RGPD, la mission de la CNIL etc, nous aurons encore plus un énorme enjeu d’éthique et de design respectueux pour nos utilisateurs, donc de nouvelles compétences et réponses associées. 

Alors d’ici 5 ans, j’espère être entourée d’experts sur ces sujets et de gens toujours plus curieux et créatifs pour trouver toutes les solutions.

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Mona Mliki – Lead UX designer @ Bpifrance

Je pense que notre métier a beaucoup d’avenir car encore beaucoup d’entreprises n’ont pas pleinement conscience de l’enjeu de mettre l’utilisateur au centre de leurs produits/services autant digitaux que physiques. Et lorsqu’elles en ont conscience, le temps de monter en maturité est important pour que la culture d’entreprise adhère à tous les niveaux. On devra peut-être se coupler à d’autres discipline ; telles que la data ou le marketing (mais ne le faisons nous pas déjà ?) 

Les nouveaux enjeux et défis selon moi, vont être et devraient être : 

  • L’accessibilité : concevoir pour tous 
  • L’éco-conception/green conception : réduction des impacts environnementaux 

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Steven Lozach – Head of UX / Product design @ Foyer Group

Je n’ai pas de boule de cristal pour prédire les 5 ans à venir, mais comme le dit Jeff Bezos : «  CONCENTREZ-VOUS SUR CE QUI NE CHANGERA PAS ».

Les expériences de demain devront être simples, sans frictions et de plus en plus inclusives. Elles devront en effet répondre à des besoins de plus en plus spécifiques et personnalisés.

Je pense que nous devons nous préparer à toujours plus d’industrialisation de la partie émergée de l’iceberg. Peut-être moins d’interfaces « visibles » mais avec des services prédictifs plus fiables.

Je crois en l’interconnexion des services entre eux. A la manière de IFTTT mais avec des services plus personnels comme notre banque, notre santé, notre assurance, nos sites e-commerce, nos sites de transports et bien d’autres. Je pense que les possibilités d’expériences liées et croisées seront quasi infinies. Il va donc falloir s’ouvrir d’un point de vu technologique (Open API Platform) mais également d’un point de vu Design. Peut-être que le revers de la médaille sera toujours plus d’homogénéité dans les interfaces, ce qui est souvent décrié.

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Carole Laimay – Senior UX designer freelance / Facilitation & formation

C’est une question difficile parce que notre métier évolue très très vite. Il y a 5 ans, je ne pense pas que j’aurais imaginé faire ce que je fais aujourd’hui. Pour ce qui est de ma vision à long terme, je préfère suivre des idées qui sont importantes pour moi ; continuer à travailler avec des méthodes centrées sur l’humain, travailler avec des méthodes ludiques car la forme importe autant que le fond et diffuser au maximum la pensée design. Je pense continuer à transmettre des choses à autrui pour améliorer notre quotidien et résoudre un maximum de problématiques. 🙂

Pour ce qui est de ma carrière, on observe une tendance à s’hyperspécialiser. L’UX étant déjà une spécialité en soi, on va vers des UX researchers, des UX writers, etc… où avant un UX design faisait tout de bout en bout car un environnement technique moins complexe également. 

Concernant les enjeux, on aura peut-être droit à une transformation majeure des pratiques dans notre monde après le COVID-19 ? Il est peut-être un peu tôt pour le savoir…

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George Kalmpourtzis – UX Process & Research freelance

Sans aucun doute, l’intégration de technologie dans nos vies progresse constamment. De nouvelles sont inventées plus fréquemment que jamais et de nouveaux produits sont lancés ; dont beaucoup ne sont pas toujours faciles à utiliser ou n’apportent pas une réelle valeur ajoutée aux utilisateurs. En conséquence, les organisations réalisent l’importance de l’expérience utilisateur et son impact sur leur viabilité et leur succès.

Le domaine évolue et mûrit également dans le cadre de cette grande révolution technologique, donnant naissance à une mosaïque de nouveaux métiers, spécialités, approches et outils, qui aideront certainement les organisations à créer des expériences qui exploitent le potentiel des nouvelles technologies, que ce soit la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou d’autres nouvelles inventions étonnantes, qui ont également une valeur intrinsèquement motivante pour les utilisateurs.

Dans les prochaines années, j’y vois un grand potentiel pour que notre profession ait vraiment un impact sur la technologie et la société, car elle se concentre sur l’aspect le plus important de la technologie : améliorer la vie humaine.

Je pense que citer Spiderman à ce stade est adéquat, car « Avec une grande pouvoir vient une grande responsabilité » ! Une remarque que nous devrions toujours garder à l’esprit.

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David Jeanne – Senior UX Lead & UX Strategist freelance

Comme je le disais à la question précédente, je pense que les talents de notre métier gagnent à s’axer sur la résolution de problèmes empêchant l’humain de vivre pleinement sa vie. Les questions d’éthique reviennent de plus en plus mais il revient à chaque designer de choisir l’entreprise qu’il va aider ; et nous sommes souvent appâtés par la gloire de travailler pour tel ou tel client si bien que nous laissons de côté nos belles valeurs.

Notre métier plus tard ressemblera à la société dans laquelle il évoluera. Plus social dans certaines branches, plus capitaliste dans d’autres. Il a suivi une évolution logique depuis que je le pratique et à mon avis il continuera à la suivre. Il y a 15 ans nous étions vus comme des personnes que l’on ne savait pas ranger dans une case, qui apportent quelque chose sans que l’on sache vraiment trop quoi en faire ou comment l’intégrer dans les process en V. Maintenant, nous sommes intégrés transversalement et influençons directement les process et les décisions.

Le métier va juste continuer dans ce sens : plus de transversalité entre les disciplines, plus ancré dans la stratégie des entreprises, plus intégré dans les process, … afin d’assurer la rentabilité des entreprises en assurant très tôt la viabilité des projets par une innovation en plus grande partie axée sur les besoins réels des personnes.

Nos défis d’ici là seront justement de trouver les bons leviers pour poursuivre l’intégration du design ; à toutes les strates et process des entreprises pour que le travail de chacun soit orienté vers la résolution des problèmes des utilisateurs : modifier les KPIs de l’entreprise en ce sens, modifier les process pour que le travail de chacun soit orienté vers l’utilisateur, que ce que nous avons vu avec les “design system” trouve son pareil dans les départements juridiques, commerciaux, backend, finance, …, la discussion de “have a seat at the table” se fera de plus en plus par le fait que chaque personne ayant son mot sur la stratégie devra avoir une forte sensibilité au design centré utilisateur. Tout ce que l’on appelle le DesignOps en fait.

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Audrey Hacq – Head of design @ Openclassroom

Notre métier s’est énormément transformé ces dernières années et nous sommes loin d’être au bout de cette évolution !
Nous allons faire face à des problématiques design de plus en plus complexes et nous adapter, encore et toujours.

Nous devrons être capables de prototyper de plus en plus rapidement nos idées et nos hypothèses afin de les tester ; et pour moi, cela devra se faire directement en code. Je ne dis pas que les designers devront savoir coder (l’éternel débat) mais que les composants qu’ils manipuleront dans leurs design contiendront du code. Cela permettra de sortir de nos outils de designs trop statiques et de tester plus rapidement nos hypothèses en situation réelle.

Nous devrons également être capables de concevoir des expériences ultra-personnalisées pour nos différents types d’utilisateurs. Cela passera ainsi par la bonne utilisation de toutes les données récoltées.

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Estelle Garcet – Lead UX researcher @ MyScript

Je pense que l’avenir de notre métier (comme beaucoup d’autres) devra être éco responsable. En tant qu’individus nous nous interrogeons de plus en plus sur notre impact environnementale, nos modes de consommation… Je pense qu’en tant que designers nous avons un rôle à jouer. Nous devrons aller vers de l’écoconception, et vers plus de sobriété numérique. Ce sera un beau challenge parce qu’il va falloir trouver de nouvelles solutions, et penser au delà de l’interface. Les équipes de différents services ou produits vont devoir communiquer et surtout collaborer.

J’ai trop souvent vu dans de grandes entreprises, la création de plusieurs applications ou outils parce que ce sont des services différents, alors que d’un point de vue utilisateur et écologique c’était beaucoup plus logique d’avoir un seul outil. Ce ne sera pas un sujet à porter seul. Toute l’équipe sera concernée (définition de produit, conception, développement). Ce sera un travail collaboratif ; les mentalités vont devoir évoluer et oeuvrer pour le bien-être du collectif, et en terminer avec la réussite individuelle.

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Amina Esselimani – Chief executive officer / Head of design @ Speak UX

Le premier défi dans le monde de l’intelligence artificielle, qui va avoir un impact sur le design, va être technologique. Les technologies de machine learning, deep learning de reconnaissance d’image, de voix, d’empreinte, d’émotions se développent et ouvrent les champs des possibles. Lorsque l’on atteint un niveau performant de NLU, l’adoption des usages des assistants sera explosive. Les nouveaux usages liés à ces nouvelles technologies balbutient pour des raisons de performances techniques certes mais aussi car de nombreux biais existent. Ceux-ci sont de mieux en mieux identifiés, mesurés et réglementés, mais pas encore forcément maîtrisés. L’enjeu du designer va être de construire la confiance chez les utilisateurs dans l’usage des technologies d’IA. Une des pistes de réponse est probablement la transparence.

Côté interface, je suis persuadée que le développement des interactions vocales et plus globalement les interactions naturelles vont structurer la manière dont on adresse un service. On le voit via les marques aujourd’hui qui se positionnent sur nos canaux du quotidien, notre univers et s’adapte à notre rythme quotidien naturel. Ceci grâce au BIG DATA.  

Grâce à l’étude des comportement et la démocratisation du métier d’UX designer, les marques détiennent une quantité de connaissances et de données en vue de proposer la meilleure expérience. Si j’observe mes explorations des sujets vocaux, une expérience réussie est lorsque le bot est  PRO-ACTIF. Il répond non seulement aux enjeux d’instantanéité mais également aux enjeux de qualité (pertinence de la réponse). Une parfaite utilisation de la BIG DATA  va permettre de construire des expériences où le système anticipe les besoins de l’utilisateur. Il me tarde de voir dans les équipes, des binômes UX DESIGNER x DATA SCIENTIST.

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Nicolas Duval – Lead product designer / Manager @ Blablacar

Je pense que les fondamentaux de notre métier changeront peu ou pas. Nous chercherons toujours à résoudre des problématiques utilisateurs et business en suivant un processus de conception similaire. Je pense d’ailleurs qu’il est tout aussi important de se concentrer sur les choses qui ne changeront pas et sur lesquelles nous continuerons d’apporter de la valeur. 

Cependant j’imagine facilement trois sources de changement :

Les médiums sur lesquels nous travaillerons changeront grandement. Il y a un tout nouveau monde qui s’ouvre à nous avec par exemple les avancés sur la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou les assistants vocaux. Je pense que ces médiums auront par exemple un impact énorme sur l’apprentissage.

Les outils que nous utiliserons pour concevoir continueront d’accélérer le rythme auquel nous délivrons nos solutions. On voit par exemple déjà que, dans l’univers digital, nous cherchons de plus en plus à rapprocher la production du design avec nos design systems ou bien avec nos nouveaux outils de prototypage comme Framer. Je pense que ces changements apporteront encore plus d’autonomie aux designers qui devront s’intéresser de plus en plus à d’autres domaines comme la data.

L’intelligence artificielle. On le voit déjà aujourd’hui, mais l’impact que l’IA peut avoir sur nos décisions ou sur notre manière d’apprendre est incroyable et à la fois difficile à appréhender. Je pense par exemple que, si elle est bien utilisée, celle-ci sera une source incroyable d’apprentissage de nos utilisateurs. 

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Baptiste Demarest – UX designer @ MyScript

Je pense que notre profession commence à cerner l’impact qu’elle peut avoir sur le quotidien des utilisateurs. On a d’ailleurs pu commencer à le voir avec certains repentis de la silicon valley ; l’initiative Time Well Spent en est un bon exemple. 

C’est un peu dans cette dynamique que je me trouve aujourd’hui. Je souhaite me diriger vers des projets plus proches de mes valeurs en accompagnant des entreprises mais aussi des associations dans le cadre de projets ayant des impacts écologiques et sociaux positifs.
Beaucoup d’acteurs de l’économie sociale et solidaire sont en manque des compétences qui sont les nôtres et je pense que nous avons réellement une carte à jouer dans la démocratisation de ces démarches. Je compte bien faire ma part dans les années à venir.

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Mickaël David – Design Director @ Doctolib

Très honnêtement, il est difficile de me projeter au delà d’un an. Je crois beaucoup à l’avenir des outils professionnels SaaS ; ce qui présume d’un grand besoin de designers dans les années à venir pour rendre ses services pleinement efficients. Je suppose que les techniques et les méthodes vont évoluer, et que la frontière entre design et développement va se réduire pour une meilleure continuité entre conception et réalisation sans pour autant que ni l’un ni l’autre de ses métiers ne disparaisse. Par ailleurs, je vois mal la User Research s’automatiser complètement. Cela reste une expertise de terrain, qui nécessite une lecture très humaine des comportements utilisateurs.

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Thomas Cierco – Lead product / UX & UI designer freelance 

En prévision du marché de demain, des profils hybrides voient le jour et seront de plus en plus nombreux.

Des spécialisations du métier de Designer vont certainement apparaître pour répondre à des innovations majeures demandant un savoir-faire spécifique telles que : 

  • l’XR (VR + AR + MR), 
  • la conception d’assistants virtuels / bots 
  • l’Intelligence Artificielle, 
  • les progrès de la robotique 
  • l’Humain augmenté
  • l’intégration du développement durable aux réflexions…

Le niveau de créativité sera un axe majeur de différenciation entre les designers notamment pour ce qui est du design émotionnel et sensoriel qui prendra une place plus importante dans les projets futurs.

Les designers au mindset d’entrepreneurs seront plébiscités car ils seront étroitement liés aux décisions stratégiques de leurs clients et donc à leurs bénéfices. 

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Jacinthe Busson – Chief product officer / Designer @ Fastory.io

En 2016, j’écrivais un article pour Adobe et Influencia sur ce sujet et je pensais que les Designers allaient majoritairement se destiner au métier de Product Designer. Malheureusement, selon les structures d’entreprises et les stratégies des ESN, ce métier a été en partie dénaturé au détriment du Design au sens noble. 

Ces dernières années, nous avons rencontré de nombreux candidats Product Designers avec des parcours dans le marketing, le développement et très peu dans le Design.

Selon moi, le métier s’est considérablement diversifié ces dernières années et mériterait une consolidation autour de compétences mieux identifiées. J’ai à coeur que le métier de Product Designer redevienne comme avant : un Designer Fullstack capable de traiter des problématiques complexes d’un bout à l’autre de la conception.

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Nadège Bide – Head of UX @ vNext

Je ne sais pas exactement où je serai dans 5 ans. Comment le savoir ?

J’espère faire partie de celles et ceux, designers ou pas, qui contribueront à faire évoluer nos modes de vie vers des comportement plus responsables, plus pérennes et vertueux (économie responsable, eco-design, green IT).

J’aimerais aussi contribuer à ma façon à endiguer le fossé que le numérique creuse entre les générations ou certaines catégories de personnes qui sont moins à l’aise avec les Technologies (qu’il s’agisse d’expérience client ou d’applications “métiers”). Cela passe par l’accessibilité mais pas seulement.

A titre personnel j’espère d’ici là avoir réussi à réconcilier esthétique, ergonomie et technicité de façon quotidienne dans mes produits. Pour l’instant l’appétence du marché fait que c’est encore compliqué pour des raisons de budget ou de temps alloué. Pourtant on le sait depuis 1953 “la Laideur se vend mal”, on devrait maintenant dire la laideur ne fidélise pas les utilisateurs donnez nous du budget pour faire du bon design !

A titre collectif, je pense que l’approche Ethique du Design se sera généralisée aux communautés de Designers, et sera enseignée dans les écoles de pointe. La question ne se posera plus, les entreprises n’auront pas le choix. Un bon design est un design qui respect l’Humain et ses données personnelles sur le long terme et n’impacte pas négativement sa vie ou ni ses habitudes.

Je suis optimiste.

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Prisca Bernard – Head of UX @ SeLoger

Très difficile à dire, je pense que les métiers PM et UX vont se rapprocher de plus en plus. Peut être fusionneront-ils? D’un autre coté l’UX et l’UI ne cessent de gommer leurs frontières aussi…

J’espère que le design aura une place de plus en plus centrale dans les organisations qui seront plus matures, à l’instar d’un airbnb.

Les défis vont être de continuer de prôner la culture design dans des environnements qui pensent déjà être matures sans l’être vraiment.

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Guillaume Baptiste Designer / Coach-formateur @Frontguys & @Bloomr

À la fois, j’ai l’impression qu’il ne va rien se passer car si je regarde en arrière, à part quelques outils et un jargon qui s’épaissit, pas grand chose ne change, et à la fois, j’aimerai vraiment qu’il se passe quelque chose. Avec les changements qui s’opèrent depuis quelques années (climat, économie, géopolitique), il est vraiment temps que le design servent les gens, les sociétés, et non plus les intérêts économiques uniquement. Je vois une petite prise de conscience, mais j’entends encore des designers qui enseignent aux étudiants la technique pour faire 10K€ par mois en mettant en ligne n’importe quoi tant que les gens cliquent bêtement dessus.

Selon moi, ces changements passeront par la simplification de notre métier, le rendre accessible, que ça ne soit pas une boîte noire UX avec des éternels débats sur “c’est quoi la différence entre l’UX et l’UI” ou “pour ou contre les wireframes HD”.

Ça passera par le fait de mettre l’énergie et le temps ailleurs : 

  • Du temps pour apprendre à faire mieux avec moins, en allant vers la sobriété, qu’il s’agisse dans notre méthode, dans nos outils, dans le résultat final, dans les ressources demandées pour y parvenir, etc.
  • Du temps pour repenser ce qui ne fonctionne pas et du temps pour supprimer ce qui est nocif. J’ai l’impression que la peur de l’échec est encore très présente : on a une responsabilité, c’est d’assumer des erreurs. Si une solution est néfaste on la traficote pas parce que le business model ne doit pas bouger, on la supprime et on se pose la question de ce qui pourrait être mis en place pour servir réellement.
  • Du temps pour se poser les vraies questions : sur la liberté des utilisateurs
  • Du temps pour former. On est encore trop peu à aller en école pour former ces futur·es designer·euses qui vont créer le monde avec nous et prolonger ce qu’on a commencé. Quand je vois qu’il y a des entreprises qui refusent que leurs designers enseignent en école, je trouve ça hallucinant. Je serai directeur je donnerai un quota potentiel à faire.
  • Du temps pour mesurer. Et qu’on mette le design au service des gens, qu’on apprenne à être plus inclusif. 
  • Passer du temps à apprendre et comprendre comment fonctionne la société pour y intégrer des outils qui fonctionnent vraiment. Mettre le design au service des enjeux sociaux, et organisationnels. 

Mettre le design au service des RH d’une entreprise, je trouve ça magnifique. D’ici 5 ans, je pense travailler davantage sur des process, sur des flux de communication, sur de l’humain, pour que chacun s’épanouisse. Les formations qu’on nous propose en entreprise, c’est toujours la même chose : apprentissage de l’anglais, de tel logiciel, etc. 

Se mélanger, je ne vois pas encore assez de binômes / trinômes d’experts avec le designer comme pont. Je vois encore le designer trop isolé du reste de l’équipe.

Pour répondre aux problématiques je vois un réflexe qui est de se tourner vers les outils. Se détacher un peu des outils, des méthodos pour expérimenter serait bénéfique. Je vais boucler sur ce que j’ai dit plus haut et ça sera le résumé de tout ce que j’ai dit : mettre un peu plus de simplicité dans notre métier. 

👉 Suivez Guillaume sur Linkedin


Anthony Adam – Senior Product Designer @ Change.org

Vous savez, spéculer sur l’avenir me semble compliqué. J’essaye de ne pas m’y risquer. 

Concernant les enjeux : notre métier est un peu plus mature chaque année, mais cela est très lent. Dans cette situation deux enjeux me semble importants : 

  • La création de normes de travail pour l’industrie du design numérique. A l’image de ce qui est en place au niveau du développement informatique et qui existe depuis 20 ans. 
  • La gestion d’équipe(s) de designer•euse•s de plus en plus grande – en terme de personnes impliquées – qui doivent avoir des interactions de plus en plus complexes avec d’autres métiers : ingénieur•e•s, PM, PO, scrum master, data analystes… 

Ces deux enjeux sont connexes et sont adressés par la question des pratiques Design Ops. Je ne pense pas idiot – aujourd’hui – d’investir cette question et ce spectre de compétences. 

👉 Suivez Anthony sur Linkedin et le podcast auquel il participe avec le collectif Design MasterClass



Merci à tous 👏

Voilà, c’est tout pour cette semaine ! Rendez-vous la semaine prochaine pour des compétences qu’ils vont développer au cours des 5 prochaines années ?

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Si cet article vous a plu…

Voici le lien vers les précédents articles de cette série : 

  • Apprenez à connaître les 19 Designers participants ! 👉 Article #1 
  • Comment décrivez-vous votre métier à une personne qui ne le connaît pas ? 👉 Article #2
  • Pourriez-vous décrire votre processus de conception habituel ? 👉 Article #3 – Part 1 
  • Pourriez-vous décrire votre processus de conception habituel ? 👉 Article #3 – Part 2
  • Quels sont les outils que vous utilisez ? 👉 Article #4
  • Où trouvez-vous votre inspiration ? 👉 Article #5
  • Comment mesurez-vous le succès de vos conceptions ? 👉 Article #6
  • Que voulez-vous voir dans un portfolio ? 👉 Article #7
  • 5 questions auxquelles il vous semble important de pouvoir répondre lors d’un entretien ? Article #8
  • 5 livres de Design que tout concepteur d’interface devrait lire  👉Article #9
  • Quel est le meilleur conseil en matière de design que vous ayez jamais reçu ? 👉Article #10
  • Quel produit avez-vous récemment vu qui vous semble être un excellent produit et pourquoi ? 👉Article #11

Avant de partir…

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